Crise énergétique à Cuba : les habitants privés d'électricité 23 heures par jour

Cuba subit des coupures d'électricité allant jusqu'à 23 heures par jour. Les habitants recourent à des antennes artisanales et au charbon de bois pour survivre, alors que les sanctions américaines asphyxient l'économie.

WallaAuteur : Reut Goldman
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Crise énergétique à Cuba : les habitants privés d'électricité 23 heures par jour
Photo : צילום: Walla.co.il

La crise énergétique à Cuba a atteint un seuil critique, plongeant de vastes régions de l'île dans le noir jusqu'à 23 heures par jour. Face à cette pénurie d'électricité sans précédent, les habitants rivalisent d'ingéniosité pour survivre, tandis que les entreprises locales sont contraintes de revenir à des méthodes de travail ancestrales.

L'art de la débrouille face aux coupures

Dans la petite ville de Carabio, située à environ une heure de route de la capitale La Havane, Dian Marrero, 22 ans, a transformé le quotidien sans électricité en une véritable activité sur les réseaux sociaux. Il publie régulièrement des vidéos proposant des solutions pratiques pour faire face aux pannes de courant prolongées.

L'une des astuces les plus populaires de Marrero consiste à fabriquer des antennes cellulaires artisanales. Ces installations de fortune font désormais partie du paysage cubain : les habitants y fixent leurs téléphones portables pour capter un signal réseau et maintenir le contact avec l'extérieur.

Le manque d'énergie paralyse également l'économie locale. Dans une petite ferme de la périphérie de Viñales, la famille d'Osnel Corrales continue de produire des produits laitiers bien que leur générateur industriel soit inutilisable faute de carburant. S'exprimant auprès de la chaîne américaine CNN, Corrales a expliqué qu'ils avaient commencé à pasteuriser le lait en le chauffant sur des braises de charbon.

Le fermier Osnel Corrales a confié :

« Nous ne pouvons pas arrêter de traire les vaches. Nous continuons à fabriquer du fromage et du yaourt, même lorsqu'il est impossible de vendre le lait frais. »

Pour de nombreux Cubains, l'adaptation à cette crise est extrême. Certains règlent leur mode de vie sur les heures éphémères de retour du courant, se réveillant au milieu de la nuit pour cuisiner, faire la lessive ou appeler leurs proches. Lors des fortes chaleurs, en l'absence de ventilateurs ou de climatisation, certains choisissent de dormir sur les toits ou dans les cours.

Effondrement économique et pressions internationales

Ces coupures d'électricité s'inscrivent dans une crise économique profonde. Environ 40 % de la population cubaine vit aujourd'hui dans une pauvreté extrême, peinant à se procurer les produits de première nécessité.

Le tourisme, pilier économique de l'île, est au plus bas. Au cours des cinq premiers mois de l'année 2026, Cuba n'a accueilli que 360 000 touristes, soit une baisse de près de 60 % par rapport à la même période l'année précédente.

Vétusté du réseau et embargo américain

Le réseau électrique cubain, obsolète, souffre d'un manque chronique d'investissements et de maintenance depuis des décennies. Les pannes générales se sont multipliées ces derniers mois, le réseau national s'effondrant à plusieurs reprises.

À cette infrastructure défaillante s'ajoute la pression exercée par les États-Unis sur l'approvisionnement en pétrole de l'île. Les sanctions imposées par l'administration du président américain Donald Trump visent à asphyxier le régime communiste de La Havane pour exiger des réformes politiques et économiques. Ce manque de carburant paralyse non seulement les centrales électriques, mais aussi les transports et les services essentiels.

La stratégie américaine a directement touché les partenaires de Cuba. Après l'arrestation en janvier par les États-Unis du président vénézuélien Nicolás Maduro, proche allié de La Havane, les livraisons de pétrole vénézuélien ont cessé. Par la suite, le Mexique a également suspendu ses exportations de brut vers Cuba sous la pression de Washington, laissant l'île face à une équation insoluble : un réseau vieillissant gourmand en énergie et des ressources en carburant quasi inexistantes.

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