« Couleur noire » : le nouveau parti ultra-orthodoxe qui bouleverse l'équilibre des forces
Un nouveau parti ultra-orthodoxe, « Couleur noire », se prépare pour les prochaines élections avec pour objectif d'obtenir l'exemption de service militaire pour les étudiants en yéchiva. En puisant dans le courant dominant, ce mouvement pourrait ébranler les partis traditionnels comme le Shas et le Judaïsme unifié de la Torah.

Drame politique dans le secteur ultra-orthodoxe : un parti nommé « Couleur noire » devrait voir le jour avant les prochaines élections et concurrencer le Shas et le Judaïsme unifié de la Torah. Il s'agit d'une organisation de dizaines de rabbins et de chefs de yéchivot du courant ultra-orthodoxe central qui se sont fixé un seul objectif : obtenir pour les étudiants de la Torah une exemption de service militaire dans Tsahal.
L'organisation comprend des personnalités de tous les secteurs du courant ultra-orthodoxe : hassidim, séfarades et lituaniens, qui cherchent à proposer au public une solution concernant la conscription basée sur le principe « la Torah est leur métier », sans sanctions. Les candidats du parti devraient être des rabbins, et non des politiciens. Pour l'instant, le parti souhaite revenir à la situation antérieure et nommer des rabbins qui s'occuperont exclusivement de la loi sur l'exemption de conscription.
Des sondages approfondis menés dans plusieurs yéchivot ont révélé qu'il existe des dizaines de milliers d'ultra-orthodoxes qui peuvent être mobilisés pour cette cause. Cela constitue un « pivot » politique, car les noms qui émergent autour du parti ne proviennent pas de groupes extrémistes tels que la Faction de Jérusalem, mais du « courant dominant » ultra-orthodoxe. Ainsi, la création du parti pourrait saper la concentration du pouvoir du Shas et du Judaïsme unifié de la Torah, constituant un véritable séisme politique.
L'origine du nom du parti fait référence à la ligne téléphonique « Couleur noire » qui avertit de l'arrivée de la police militaire pour arrêter les déserteurs ultra-orthodoxes, réussissant ainsi à déjouer des arrestations en provoquant des émeutes. Environ cent mille ultra-orthodoxes sont connectés à cette ligne, qui constitue une sorte de « marque » puissante.
Dans ce contexte, mercredi, des manifestants ultra-orthodoxes ont bloqué la route 4 dans la région de Bnei Brak pour protester contre l'arrestation d'un déserteur. La police a déclaré la manifestation illégale, et la route a été rouverte à la circulation à 20h15.
Parallèlement, à Givat Shmuel, des moments de poursuite d'un soldat par des manifestants ultra-orthodoxes ont été documentés. Le maire de Givat Shmuel, Yossi Brodny, a commenté l'incident : « J'attends de chaque dirigeant de la communauté ultra-orthodoxe qu'il se désolidarise de ce phénomène et qu'il se tienne aux côtés des soldats de Tsahal. Quiconque porte l'uniforme de Tsahal et nous protège tous devrait marcher dans les rues la tête haute. Nous ne l'accepterons pas, ni à Givat Shmuel, ni nulle part ailleurs dans l'État d'Israël ».
Jeudi, News 13 a révélé qu'Israel Porush, ancien maire d'Elad et haut responsable ultra-orthodoxe, a abordé la crise entre les ultra-orthodoxes et l'État. S'adressant à des jeunes à Jérusalem, il a déclaré : « Vous êtes face à une guerre civile qui aura lieu ici avec du sang dans les rues ». Porush a également critiqué un spectacle d'imitations de personnalités publiques, exhortant les jeunes : « Arrêtez d'imiter les laïcs ».
Cette documentation s'ajoute aux preuves de radicalisation de la société ultra-orthodoxe. Porush est le fils du député à la Knesset Meir Porush d'Agoudat Israël et est destiné à poursuivre son chemin. Si c'est ce que la jeune génération ultra-orthodoxe entend, il est clair vers où se dirige une partie du public.



