Comment la Syrie est passée d'alliée de l'Iran à ennemie du Hezbollah

Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, les relations entre l'Iran et la Syrie ont connu un bouleversement majeur. Ce qui fut pendant plus d'une décennie un axe central de l'« axe de la résistance » iranien – avec la Syrie servant de pont terrestre vital pour le transfert d'armes et de soutien au Hezbollah au Liban – est devenu une relation hostile et problématique.

Now14Auteur : Tehila Chakol
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Comment la Syrie est passée d'alliée de l'Iran à ennemie du Hezbollah
Photo : Now14 / מוג'תבא חמינאי, המנהיג העליון של איראן | תסנים, התמונה נערכה בהתאם לרישיון CC BY 4.0

Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, les relations entre l'Iran et la Syrie ont connu un bouleversement majeur. Ce qui fut pendant plus d'une décennie un axe central de l'« axe de la résistance » iranien ou du « croissant chiite » – avec la Syrie servant de pont terrestre vital pour le transfert d'armes, de forces et de soutien au Hezbollah au Liban – est devenu une relation hostile et problématique.

La nouvelle administration à Damas, dirigée par Abou Mohammed al-Joulani, a choisi une politique de neutralité active et a souligné à maintes reprises que la Syrie n'est pas intéressée à devenir une autre arène de conflit régional, et que sa priorité absolue est la réhabilitation du pays après des années de guerre civile. Dans des déclarations publiques, notamment en mars 2026, al-Joulani a précisé que la Syrie resterait à l'écart de tout conflit à moins d'être attaquée par une partie quelconque.

Cependant, dans le contexte des déclarations faites par le président Donald Trump ces dernières semaines concernant la possibilité pour les forces syriennes d'entrer au Liban afin de cibler l'infrastructure de missiles et d'armes du Hezbollah, l'Iran présente une position ferme et claire : tout mouvement de ce type sera considéré comme une ligne rouge et entraînera une réponse large. Des sources proches du Hezbollah rapportent que Téhéran a récemment transmis un avertissement extrêmement sévère à Damas par le biais de canaux turcs, incluant la menace de frapper plus de 100 cibles stratégiques en Syrie avec des missiles balistiques, y compris le palais présidentiel à Damas.

La menace iranienne inclut également l'activation de plusieurs fronts simultanément, notamment la frontière syro-irakienne, la région de Homs et la côte alaouite, parallèlement à un soutien aux mouvements kurdes dans la région d'Alep. Le message a été transmis non seulement à Damas mais aussi à la Turquie, à l'Arabie saoudite, au Qatar et à l'Irak, dans le but de clarifier que l'opération – si elle se concrétise – ne restera pas limitée à la vallée de la Bekaa mais se transformera en un vaste conflit régional sur le territoire syrien et libanais.

Les racines de la tension résident dans le passé récent

L'Iran a non seulement sauvé le régime d'Assad en coopération avec le Hezbollah, mais a également investi des dizaines de milliards de dollars dans la construction d'une vaste infrastructure militaire et logistique sur le territoire syrien. Après la chute du régime, Téhéran a été contraint d'évacuer la plupart de ses forces, et la nouvelle administration a agi rapidement pour démanteler ces infrastructures par le biais d'arrestations de cellules liées aux Gardiens de la révolution et au Hezbollah, la saisie de caches d'armes et l'imposition de restrictions sur les activités des organisations liées à Téhéran.

Aujourd'hui, l'Iran continue d'essayer de maintenir son influence par le biais de réseaux secrets et de routes de contrebande, tandis que les forces de sécurité syriennes mènent des raids répétés contre ces cellules. En juillet 2026, l'Iran a mené une attaque dans la zone d'al-Tanf et a affirmé avoir touché un centre de commandement américain, mais les experts ont vu cela comme un message d'avertissement à Damas dans le contexte des discussions sur l'implication syrienne dans la restriction du Hezbollah.

La Syrie, pour sa part, a augmenté la présence de ses forces aux frontières avec l'Irak et le Liban pour empêcher les infiltrations de milices pro-iraniennes, tout en promouvant des relations avec la Turquie, les pays arabes et l'Occident en tant qu'acteur indépendant axé sur la reprise économique. Pour l'Iran, le Hezbollah reste un atout stratégique et une ligne rouge absolue, surtout après la perte du corridor terrestre à travers la Syrie.

Bien que Damas ait nié toute intention d'intervention militaire au Liban, les rapports sur l'avertissement iranien illustrent à quel point le Hezbollah reste l'ancre principale de l'« axe de la résistance » contre Israël. La tension entre les pays n'est pas un conflit direct pour le moment, mais une lutte silencieuse pour l'influence et les voies d'approvisionnement, alors que la nouvelle Syrie tente de se débarrasser de la dépendance iranienne tandis que Téhéran refuse de renoncer aux restes de sa présence. Toute escalade supplémentaire pourrait transformer les relations froides en un conflit militaire ouvert et direct.

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