Chaos sur une île européenne : des soldats envoyés dans les rues pour faire face aux foules de touristes

Des forces de l'armée et de la police sont descendues dans les rues à Malte dans le cadre d'une opération de répression sans précédent contre les touristes, incluant la confiscation de passeports et l'expulsion du pays. Les habitants du quartier populaire de Sliema précisent que même une présence militaire ne mettra pas fin à l'anarchie tant que les bateaux de fête, l'alcool illégal et les appartements de vacances pirates continueront d'envahir les quartiers.

N12Auteur : Daniel Arzi
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Chaos sur une île européenne : des soldats envoyés dans les rues pour faire face aux foules de touristes
Photo : N12 / צילום: לפי סעיף 27א' לחוק זכויות יוצרים

La ville balnéaire populaire de Sliema à Malte est devenue ces dernières années un foyer de friction intense entre les touristes en fête et les résidents désespérés. Cette semaine, le ministre de l'Intérieur, Glen Bedingfield, a annoncé une opération de répression à grande échelle incluant des patrouilles renforcées de forces de police, d'inspecteurs et même de soldats de toutes les branches des forces armées locales.

L'opération se concentrera sur les principaux centres touristiques, notamment Sliema, Paceville et Saint-Julian's, parallèlement à de nouvelles réglementations permettant la confiscation des passeports, les arrestations et l'expulsion des touristes qui troublent l'ordre public.

Cependant, malgré l'accueil réservé à cette mesure, l'association des résidents de Sliema (SRA) précise que la présence militaire dans les rues n'est qu'un pansement. Selon eux, la nécessité de déployer des forces de sécurité dans les rues résidentielles est la preuve que les autorités ont permis au mépris des lois et à l'anarchie de s'emparer de la zone pendant des années.

Chaque nuit, les rues résidentielles calmes de Sliema se transforment en une scène de fête à ciel ouvert. Le point central est la zone de la jetée (The Ferries), où des bateaux de fête accostent chaque soir et débarquent des centaines de fêtards ivres. Les jeunes, qui continuent de boire et de crier en public, provoquent des bagarres de rue et laissent derrière eux des destructions.

Le week-end dernier, un incident exceptionnel s'est produit, nécessitant l'envoi de cinq véhicules d'urgence à la jetée lors de l'accostage des bateaux, parallèlement à la documentation de jeunes ivres bloquant la circulation des véhicules sur la promenade alors qu'ils tentaient de porter un ami ayant perdu connaissance, mettant en danger leur vie et celle des conducteurs.

Outre l'alcool et la violence, les résidents décrivent de graves dommages à la qualité de vie dans les quartiers. Les touristes se promènent en maillot de bain et torse nu au cœur des zones résidentielles, jetant des ordures, brisant des bouteilles en verre sur les trottoirs et faisant même leurs besoins aux entrées des maisons et dans les ruelles. La nuisance se poursuit le long du littoral, où des fêtes de plage pirates sont organisées et où des entreprises diffusent de la musique forte en plein air en violation de la loi jusqu'au petit matin.

Au-delà des rues, la nuisance pénètre directement dans les immeubles résidentiels par le biais de l'industrie des appartements de vacances à court terme. De nombreux appartements, dont certains fonctionnent sans licence légale, sont loués à de grands groupes de jeunes au-delà de la capacité autorisée et se transforment en boîtes de nuit improvisées. De nombreuses plaintes de résidents sont également dirigées contre d'autres résidents qui exploitent des supérettes dans la zone et continuent de vendre illégalement de l'alcool à des personnes ivres après 21h00.

En plus du renforcement des forces sur le terrain, les résidents appellent les autorités de planification à cesser d'approuver les hôtels trois étoiles et les auberges destinés au tourisme de jeunesse bon marché, arguant que cette politique contredit les déclarations du gouvernement sur une transition vers un tourisme de qualité. Les résidents préviennent que sans une réforme profonde dans les domaines de la planification, de l'octroi de licences et du bruit, la présence policière accrue dans les rues ne suffira pas à rétablir le calme dans la zone.

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