Acquittement d'un policier israélien après un tir de balle en mousse

Un tribunal israélien a acquitté un policier des gardes-frontières poursuivi après avoir blessé une femme à la tête avec une balle en mousse lors d'émeutes à Jérusalem.

Israel HayomAuteur : אבי כהן
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Acquittement d'un policier israélien après un tir de balle en mousse
Photo : Israel Hayom / שוטרי מג"ב (אילוסטרציה) | צילום: יהושע יוסף

Un policier des gardes-frontières qui avait tiré une balle en mousse lors d'émeutes dans le quartier d'A-Tur à Jérusalem, blessant grièvement une femme à la tête, a été acquitté par le tribunal de paix de Rishon LeZion.

Le juge Menachem Mizrahi a statué qu'il n'a pas été prouvé que le policier a agi avec une négligence criminelle, tout en critiquant sévèrement la base probatoire, pointant de multiples failles d'enquête et avertissant que de tels actes d'accusation risquent de créer un « effet dissuasif » au sein des forces de sécurité.

Selon l'acte d'accusation déposé par le département des enquêtes internes de la police (PIID), l'incident s'est produit dans la rue Al-Mansura à A-Tur. Le prédefendant, alors policier de carrière aux gardes-frontières, est arrivé sur les lieux avec d'autres forces à la suite d'un signalement concernant l'agression d'un automobiliste et y est resté jusqu'à l'arrivée d'une dépanneuse. Vers 18h00, ayant remarqué des émeutiers, il s'est positionné près d'un mur en béton et a tiré une balle en mousse dans leur direction.

Selon l'accusation, le tir a été effectué en violation des consignes régissant l'utilisation des balles en mousse. Le PIID a soutenu que le policier avait mesuré lui-même la distance de tir et avait fait feu une dizaine de minutes plus tard sans s'assurer qu'aucun passant ne se trouvait sur la trajectoire. Le projectile a atteint une passante à la tête, provoquant une coupure profonde nécessitant des points de suture, ainsi que des maux de tête et de fortes vertiges. Le parquet a estimé que le policier avait commis un acte de négligence avec une arme à feu.

Le policier n'a pas contesté avoir tiré et avoir blessé la femme, mais a rejeté toute qualification criminelle. Il a décrit des émeutes incluant des incendies de poubelles et des jets de pierres et de bouteilles sur les forces de l'ordre et les civils. Selon ses déclarations, l'autorisation d'utiliser les balles en mousse avait été accordée et il avait personnellement mesuré la distance le séparant de la poubelle enflammée près de laquelle se trouvaient les émeutiers. Quelques minutes plus tard, ayant aperçu un individu lançant des pierres sur les forces de l'ordre et s'étant assuré qu'il était à portée de tir, il a fait feu. Il a affirmé que la plaignante était entrée par inadvertance dans la trajectoire au moment du tir.

Constats du tribunal et rejet des accusations

L'un des aspects centraux du procès concernait la vérification de la distance de tir et la question de savoir si le policier devait s'en remettre à une collégue servant de second dans l'équipe. Le tribunal a retenu la déposition du prévenu selon laquelle il ne lui avait jamais été interdit de mesurer lui-même la distance et qu'il avait constaté une trajectoire dégagée avant de tirer. Il a également été établi qu'aucune preuve n'indiquait que la victime se trouvait à moins de dix mètres de lui.

Cette version a été corroborée par le témoignage de la policière, qui a indiqué avoir également vérifié les distances et s'être tenue derrière le prévenu au moment du tir. Le juge Mizrahi a estimé que ce témoignage contredisait l'acte d'accusation affirmant qu'aucune vérification supplémentaire n'avait eu lieu et suffisait en soi à motiver un acquittement.

Critique de l'enquête et conclusions

Le tribunal a vertement critiqué la gestion du dossier par le parquet et les standards de preuve appliqués. Le juge Mizrahi a souligné qu'aucun expert professionnel n'avait été appelé à témoigner sur la validité ou l'application des procédures opérationnelles, tandis qu'un enquêteur du PIID a reconnu ne pas être en charge de la rédaction des règlements.

Le juge a également pointé de graves défaillances dans l'enquête, notamment l'absence de recueil de témoignages auprès d'autres témoins présents sur les lieux, l'omission d'examiner l'arme pour détecter d'éventuels dysfonctionnements et l'insuffisance des reconstitutions.

Enfin, le juge Mizrahi a insisté sur le fait que les actions des forces de l'ordre ne devaient pas être jugées a posteriori dans des conditions aseptisées.

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