Mediapart accuse Jordan Bardella de messages antisémites : le RN dénonce un complot
Une enquête de Mediapart accuse Jordan Bardella d'avoir tenu des propos antisémites dans des messages privés entre 2013 et 2015. Le dirigeant du RN nie en bloc et annonce des poursuites.
Une enquête explosive publiée par le site d'investigation français Mediapart a déclenché une violente tempête politique en France. Le rapport révèle une série de messages privés attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), contenant des propos antisémites et des théories du complot sur le contrôle juif du système bancaire et du gouvernement français. Bardella a vigoureusement nié ces accusations, qualifiant les messages de falsifications et annonçant des poursuites judiciaires.
L'enquête, intitulée "Toutes les banques appartiennent aux juifs : Jordan Bardella face à ses écrits antisémites", a été rédigée par les journalistes Alexandre Berteau et Anton Roger. Ils affirment avoir obtenu des dizaines de messages privés datant de 2013 à 2015, qu'ils auraient authentifiés de manière indépendante, ainsi que des témoignages d'anciens membres du parti.
Théories du complot et sphère financière
Selon l'enquête, l'un des messages attribués à Bardella affirmait que les juifs cherchaient à dominer les autres peuples pour instaurer un nouvel ordre mondial dirigé par Israël, avec Jérusalem pour capitale. D'autres messages liaient le sionisme au contrôle financier mondial, mentionnant des banques d'investissement telles que Goldman Sachs, Rothschild et Lehman Brothers.
Le rapport indique également que ces théories s'étendaient à la sphère politique, affirmant que des ministères clés en France étaient occupés par des personnalités privilégiant les intérêts israéliens et bancaires. Un autre message visait l'ancien ministre de l'Économie Pierre Moscovici, suggérant que ses actions découlaient d'une volonté de vengeance.
Dénégations et riposte judiciaire
Jordan Bardella a rejeté ces allégations lors d'une intervention sur CNEWS, soulignant qu'en 2013 il était mineur et peu actif au sein du parti. Il a dénoncé une manipulation politique coordonnée à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
"Ces accusations sont totalement infondées et ces propos ne sont pas les miens", a déclaré Bardella, précisant avoir saisi son avocat.
Marine Le Pen a apporté son soutien indéfectible à Bardella, qualifiant les accusations d'invraisemblables. À l'inverse, la gauche française a exprimé sa vive indignation, y voyant la persistance de l'antisémitisme au sein de l'extrême droite.
Impact sur l'image du Rassemblement national
Cette affaire intervient alors que le Rassemblement national tente de s'affranchir de l'héritage antishemite de Jean-Marie Le Pen. Depuis qu'elle a pris la tête du parti en 2011, Marine Le Pen s'efforce de le dédiaboliser, notamment en cherchant à normaliser ses relations avec Israël.



