La Banque d'Israël note un affaiblissement du shekel au troisième trimestre
La Banque d'Israël indique que le shekel s'est déprécié au troisième trimestre 2026, perdant 2,9 % face au dollar. Ce mouvement s'explique par la forte baisse des ventes nettes de devises par les institutionnels.

Le marché des changes local a connu un net retournement de tendance au troisième trimestre 2026, le shekel perdant du terrain face aux principales devises mondiales tandis que le comportement des grands acteurs économiques évoluait de manière significative.
Selon un rapport officiel publié mardi par la Banque d'Israël récapitulant le trimestre écoulé, le shekel s'est déprécié d'environ 2,9 % face au dollar américain et d'environ 2,4 % face à l'euro. Par rapport au panier de devises des principaux partenaires commerciaux d'Israël, un affaiblissement de 2,8 % a été enregistré.
Cet affaiblissement du shekel s'est produit dans un contexte de tendance mondiale mitigée pour le billet vert. Alors que le dollar s'est renforcé de manière modérée d'environ 0,5 % face à l'euro et de 3,3 % face au franc suisse, il a nettement reculé face aux principales monnaies asiatiques, chutant d'environ 12,4 % face au won sud-coréen et de 3,3 % face au yen japonais.
Virage des institutionnels et activité des acteurs
La principale explication de ces fluctuations réside dans une modification spectaculaire de la composition de l'activité des différents secteurs. Les investisseurs institutionnels — fonds de pension, caisses de provident et compagnies d'assurance, qui exercent l'influence la plus marquée sur le taux de change en raison de leurs opérations de couverture à l'étranger — ont drastiquement réduit leurs ventes nettes de devises. Celles-ci ont atteint environ 4,4 milliards de dollars au troisième trimestre, contre des ventes massives d'environ 13,8 milliards de dollars au trimestre précédent.
Parallèlement, le secteur financier, principalement constitué des banques commerciales, a opéré un revirement prononcé, passant de ventes nettes d'environ 1,1 milliard de dollars au trimestre précédent à des achats nets de devises de l'ordre de 3,7 milliards de dollars. En revanche, le secteur des entreprises a fortement réduit ses achats de dollars, passant de 12,1 milliards de dollars au deuxième trimestre à seulement 1,7 milliard de dollars au troisième.
Les résidents étrangers ont fait preuve d'une relative stabilité, poursuivant leurs ventes nettes de devises à hauteur d'environ 6,5 milliards de dollars, contre 6,4 milliards au trimestre précédent. La Banque d'Israël s'est quant à elle abstenue d'intervenir activement sur le marché, ne procédant à aucun achat net de devises sur l'ensemble de la période.
Volatilité et primes d'incertitude
Autre enseignement notable du rapport de la Banque d'Israël, l'écart entre la volatilité effective et les anticipations futures. La volatilité réalisée du taux de change shekel-dollar, mesurant les variations quotidiennes au cours du trimestre, a reculé de 1,7 point de pourcentage pour s'établir à une moyenne de 9,0 %.
Toutefois, sur le marché des produits dérivés et des options, le tableau s'avère différent : la volatilité implicite, reflétant les fluctuations futures anticipées par les opérateurs, a légèrement progressé pour atteindre 10,1 %. Ce niveau demeure particulièrement atypique en comparaison internationale. Alors que les marchés mondiaux affichent un retour au calme — avec une volatilité implicite tombant à 8,7 % dans les pays émergents et à 6,4 % dans les pays développés —, le marché local continue de tarifer une prime d'incertitude et une volatilité attendue plus élevée.
Sur le plan de l'activité globale, le volume quotidien moyen des transactions face au système bancaire local s'est contracté de 9,1 % au troisième trimestre pour s'établir à 16,0 milliards de dollars, pénalisé par le recul des opérations de conversion directe. En parallèle, les investisseurs étrangers ont renforcé leur ancrage, leur part relative dans le volume total des transactions atteignant 41,4 % à la fin du trimestre.





