Avec le soutien de Trump, les géants de la tech sont en pleine frénésie de développement de l'énergie nucléaire

Face à l'explosion de la demande en puissance de calcul due à l'IA, les géants de la tech investissent massivement dans l'énergie nucléaire. Cette stratégie vise à garantir une alimentation stable et continue, que les énergies renouvelables ne peuvent assurer seules.

CalcalistAuteur : Omer Kabir
Source
Avec le soutien de Trump, les géants de la tech sont en pleine frénésie de développement de l'énergie nucléaire
Photo : Calcalist / צילום: Anna Moneymaker/Getty

En 2022, les géants de la tech figuraient parmi les leaders mondiaux des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Meta avait atteint la neutralité carbone totale, Google s'alimentait à 100 % en énergies renouvelables, Microsoft visait l'élimination de son empreinte carbone historique, et Amazon s'engageait vers le zéro émission nette d'ici 2040. Mais fin 2022, l'arrivée de ChatGPT a bouleversé ces politiques.

La révolution de l'IA a créé une demande mondiale colossale en puissance de calcul. Pour y répondre, les géants de la tech ont investi des centaines de milliards de dollars dans des centres de données ultra-énergivores. Les émissions de carbone ont grimpé en flèche, les entreprises devant recourir aux combustibles fossiles pour pallier les carences des réseaux électriques et l'insuffisance de densité énergétique du solaire et de l'éolien.

Le virage nucléaire

La solution retenue est l'énergie nucléaire. Si les accidents de Three Mile Island (1979) et Tchernobyl (1986) avaient freiné le secteur, le discours change aujourd'hui grâce aux petits réacteurs modulaires (SMR), plus rapides et moins coûteux à construire.

Les investissements se multiplient :

  1. Microsoft : Contrat de 20 ans avec Constellation Energy pour redémarrer l'unité 1 de Three Mile Island (835 MW, prévu en 2028) et investissements dans la fusion nucléaire via Helion Energy.

  2. Google : Accord avec Kairos Power en octobre 2024 pour le développement de réacteurs modulaires, avec une mise en service prévue dès 2030.

  3. Amazon : Acquisition d'un centre de données en Pennsylvanie relié à la centrale de Susquehanna et investissement de 500 millions de dollars dans X-Energy.

  4. Meta : Engagement d'achat sur 20 ans pour le réacteur Clinton (1,1 GW) et accord avec TerraPower pour la construction de huit réacteurs SMR.

Soutien politique et défis

Le président Donald Trump affiche un soutien marqué au nucléaire, visant à quadrupler la capacité américaine d'ici 2050, à simplifier les réglementations et à accélérer les licences. Pour le secteur de l'IA, l'énergie est devenue le « plus grand goulot d'étranglement ».

Cependant, des défis subsistent : délais de licence, coûts de construction des premiers SMR et gestion des déchets radioactifs. Néanmoins, avec l'engagement financier de géants pesant des milliers de milliards de dollars et une administration pro-nucléaire, ces obstacles semblent désormais plus faciles à surmonter.

Dans la même rubrique