Au sommet de la critique contre Israël : préparation à un choc au sein de l'Union européenne
Les pays de l'Union européenne se préparent à faire avancer une réforme approfondie du service diplomatique de l'Union. Cette démarche est menée par l'Allemagne et la France, et elle intervient au plus fort d'un moment tendu dans les relations entre l'Union européenne et Israël. En toile de fond : une vive critique au sein de l'Union à l'égard de Kaja Kallas.

L'Union européenne se prépare à accélérer le processus de restructuration de son service diplomatique. Dans le cadre de cette réforme, de nombreuses compétences devraient être réduites et transférées à la Commission européenne. Les États membres critiquent l'incapacité actuelle à faire avancer les démarches diplomatiques de manière efficace. Ces derniers temps, des critiques inhabituelles ont été formulées à l'encontre de la chef de la diplomatie de l'Union, Kaja Kallas, dans un contexte de tensions rapportées entre les deux femmes les plus puissantes de l'Union.
L'Union européenne examine un changement significatif dans sa structure diplomatique, qui pourrait conduire à un démantèlement partiel du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) et au transfert d'une partie de ses compétences à la Commission européenne. Cette démarche est promue dans le contexte des exigences de la France et de l'Allemagne de mener, d'ici la fin de l'année, une vaste réforme du mécanisme de politique étrangère de l'Union, comme l'a rapporté ce matin (mercredi) le Financial Times. De hauts responsables de la Commission européenne ont déjà commencé à examiner quelles fonctions et compétences du SEAE pourraient être transférées aux départements existants de la Commission. Il s'agit d'une mesure qui pourrait partiellement inverser l'un des plus grands changements institutionnels effectués par l'Union au cours des deux dernières décennies.
Crise de confiance et rôle d'Israël
Le Service européen pour l'action extérieure, dirigé par Kaja Kallas, fait récemment l'objet de critiques de la part des capitales européennes. Dans les États membres, certains estiment que le service a du mal à coordonner des réponses efficaces aux crises majeures auxquelles l'Union est confrontée, notamment les guerres en Ukraine et en Iran, la politique étrangère agressive du président américain Donald Trump et l'utilisation croissante de la pression économique comme outil politique.
Un autre facteur central devenu un point de discorde critique au cœur de l'Union est l'attitude envers Israël. Tout au long de la guerre, l'Union a eu du mal à parvenir à une position unifiée et sans équivoque, dans un contexte d'appels de plusieurs pays à durcir l'attitude envers Jérusalem, voire à imposer des sanctions et à envisager un embargo sur les armes.
Économies financières et réduction des compétences
Selon le plan à l'étude, l'objectif est de réduire les doubles emplois entre les différents organes et de créer une meilleure adéquation entre le travail diplomatique de l'Union et les compétences déjà détenues par la Commission européenne, notamment dans les domaines du commerce, de l'aide, de la réglementation numérique et de la technologie. Cette démarche a également un aspect budgétaire, les États membres faisant pression sur Bruxelles pour réduire les dépenses dans le cadre des négociations sur le prochain budget pluriannuel de l'Union pour 2028-2034.
Les partisans de la réforme soutiennent que le transfert d'une grande partie du budget du service diplomatique, qui s'élève à environ un milliard d'euros par an, à la Commission pourrait rendre la politique étrangère de l'Union plus coordonnée. Cependant, il ne s'agit pas d'un plan visant à transférer l'ensemble du service diplomatique à la Commission ; un service diplomatique réduit devrait rester en dehors de la Commission européenne, continuant d'être responsable des missions de maintien de la paix et de la formation militaire.
Prochaines étapes
La France et l'Allemagne, les deux plus grandes économies du bloc, souhaitent utiliser le sommet des dirigeants de l'Union le mois prochain pour discuter des idées de réforme. Paris et Berlin ont même proposé de donner à Kaja Kallas un rôle personnel plus fort dans la structure future, y compris une surveillance plus large du portefeuille élargi des relations extérieures de la Commission européenne.
Hier, le site Euronews a rapporté que 11 États membres de l'Union européenne, dont la France et l'Allemagne, exigent une réforme du travail diplomatique de l'Union et la suppression de la nécessité d'une décision unanime sur les questions liées à la politique étrangère. Selon les pays proposants, la nécessité d'un consensus nuit souvent à la capacité de réaction de l'Union. En juin, des informations ont été publiées concernant une tension inhabituelle entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et Kaja Kallas, portant principalement sur leurs divergences concernant l'attitude envers Israël et les mesures que l'Union a l'intention de prendre contre Jérusalem.




