Bataille d'Ali-Taher : pourquoi Israël doit détruire ce bastion du Hezbollah

La bataille pour la crête stratégique d'Ali-Taher place le Hezbollah face à un dilemme crucial. L'expert militaire Zvika Haimovich explique pourquoi Tsahal doit détruire cette forteresse.

Israel HayomAuteur : Zvika Haimovich
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Bataille d'Ali-Taher : pourquoi Israël doit détruire ce bastion du Hezbollah
Photo : Israel Hayom / רכס עלי טאהר בלבנון (ארכיון) | צילום: אלמיאדין

La bataille pour la crête d'Ali-Taher, dans le sud du Liban, est devenue ces dernières semaines bien plus qu'un simple point géographique. C'est le symbole d'un combat plus large pour l'avenir du Hezbollah, sa capacité à préserver son infrastructure militaire et sa faculté à dicter les règles du jeu dans la région. À cet affrontement s'ajoute une tentative d'impliquer directement l'Iran dans le conflit autour de cette position clé.

L'importance stratégique de la crête

L'importance de la crête d'Ali-Taher découle avant tout de sa situation topographique, à proximité immédiate du château de Beaufort et de la ville de Nabatiyeh. Elle domine de vastes zones du sud du Liban, offrant un avantage tactique majeur à quiconque la contrôle.

Au cours des vingt dernières années, le Hezbollah y a développé une infrastructure souterraine colossale, allant du stockage d'armes stratégiques à la préparation de forces d'élite en vue d'offensives contre Israël. Par conséquent, la campagne menée par Tsahal dans ce secteur n'est pas une simple bataille pour une colline, mais une offensive ciblée contre l'un des centres de gravité du dispositif militaire du Hezbollah.

Si le Hezbollah perd sa capacité à se maintenir dans les zones stratégiques au sud du fleuve Litani, il devra choisir entre continuer à se battre pour chaque position au prix d'une usure mortelle, ou s'adapter à une nouvelle réalité où l'armée libanaise et la communauté internationale exigent son retrait total.

Le dilemme du Hezbollah et de l'Iran

Le Hezbollah est confronté à un choix entre deux mauvaises options :

  • Le retrait : abandonner un tel bastion stratégique serait perçu au Liban et par ses partisans comme un aveu de défaite.

  • L'obstination : s'accrocher militairement au sud du Liban garantit la poursuite des frappes de Tsahal, la destruction de ses infrastructures et une pression accrue de l'État libanais.

Cette lutte pour Ali-Taher se déroule en parallèle des efforts diplomatiques visant à imposer un désarmement du Hezbollah. L'Iran mesure parfaitement la gravité de la situation, d'où les avertissements transmis via les États-Unis concernant une possible riposte de Téhéran face aux opérations de Tsahal.

Bien que des rumeurs aient circulé, la présence d'officiels iraniens sur le site n'est pas confirmée. Néanmoins, le fait que le complexe soit actuellement abandonné offre à Israël une opportunité unique de démanteler cette infrastructure majeure.

Saisir une opportunité historique

Parallèlement aux hésitations du Hezbollah et de son parrain iranien, Israël doit agir avec détermination. Tout retard dans la destruction des tunnels et des installations de la crête pourrait être interprété comme une reculade face aux menaces iraniennes, entraînant des pressions internationales pour un retrait prématuré.

Le défi consiste à neutraliser cette menace sans provoquer d'escalade régionale majeure dans une période particulièrement sensible, marquée par les fêtes juives et les échéances politiques.

Israël ne doit pas hésiter à détruire totalement les infrastructures de la crête d'Ali-Taher. C'est une occasion unique d'affaiblir durablement le Hezbollah au sud du Litani. Le bénéfice stratégique l'emporte largement sur le risque. Si la perte d'Ali-Taher marque le début d'un abandon forcé des positions du Hezbollah dans le sud, cette crête restera dans l'histoire comme le point de départ du démantèlement militaire de l'organisation.

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