4 700 mètres sous le niveau de la mer : les découvertes soulèvent des questions

Une expédition scientifique revenue en 2026 dans la zone de déversement historique de déchets radioactifs dans le nord-est de l'océan Atlantique a atteint des barils à environ 4 700 mètres de profondeur, révélant que certains sont en cours de désintégration. Les chercheurs ont collecté des échantillons d'eau, de sédiments et d'organismes pour évaluer le devenir des déchets et leur impact potentiel sur l'écosystème.

Now14Auteur : Efrat Briner
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4 700 mètres sous le niveau de la mer : les découvertes soulèvent des questions
Photo : Now14 / חביות, אילוסטרציה | צילום: קנבה

Une expédition scientifique revenue en 2026 dans la zone de déversement historique de déchets radioactifs dans le nord-est de l'océan Atlantique a atteint des barils à environ 4 700 mètres de profondeur, révélant que certains sont en cours de désintégration. Les chercheurs ont collecté des échantillons d'eau, de sédiments et d'organismes pour évaluer le devenir des déchets et leur impact potentiel sur l'écosystème.

Profondément sous la surface de l'océan Atlantique reposent des vestiges inhabituels de la gestion passée des déchets radioactifs en Europe : plus de 200 000 barils jetés à la mer au fil des décennies. Chaque baril de 200 litres contenait principalement des déchets de faible activité, souvent mélangés à du béton ou du bitume pour assurer leur résistance lors du déversement.

Selon les données du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Royaume-Uni a été responsable du déversement de plus de 140 000 barils, la Belgique d'environ 55 000, et la France a également mené de telles opérations. Les chercheurs soulignent qu'il n'existe aucune preuve que ces barils contenaient du combustible nucléaire ou des déchets de haute activité à vie longue. Néanmoins, la présence prolongée de ces conteneurs sur le fond marin soulève des interrogations quant à leur intégrité et leur impact environnemental.

En 2025, le projet NODSSUM, dirigé par le CNRS en collaboration avec d'autres instituts, a lancé une expédition. Un véhicule sous-marin autonome, UlyX, a été déployé pour cartographier la zone. En un mois, 3 355 barils ont été localisés. Les chercheurs ont collecté environ 5 000 litres d'eau, des centaines d'échantillons de sédiments et des dizaines de spécimens de faune marine pour analyse.

Cette étude ne couvre qu'une fraction de la zone de déversement de 14 500 km² ; le véhicule n'a cartographié qu'environ 165 km², soit moins de deux pour cent de la surface totale. Pourtant, des milliers de barils ont été identifiés dans ce périmètre restreint, et les images ont confirmé que certains ne sont plus intacts.

En 2026, les scientifiques sont retournés sur place avec le sous-marin habité Nautile pour des inspections rapprochées. De nombreux barils présentent une corrosion avancée, et à plusieurs endroits, les chercheurs ont observé des matériaux s'échappant des conteneurs vers le fond marin.

L'équipe a sélectionné cinq zones pour des analyses approfondies, prélevant de l'eau, des sédiments et des échantillons biologiques. Des zones adjacentes ont également été étudiées pour servir de référence et comparer l'environnement local.

Les tests ont révélé des traces de matières radioactives liées aux déchets, notamment du cobalt-60 et du niobium-94. Du césium-137 et de l'américium-241 ont également été détectés, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour les distinguer des résidus d'essais nucléaires ou d'autres incidents. Selon les chercheurs, les mesures actuelles n'indiquent pas de niveaux présentant un risque de sécurité majeur pour les équipes ou le matériel. La question cruciale demeure l'impact à long terme sur l'environnement marin.

Les scientifiques ont également observé un phénomène intéressant : des anémones de mer, des éponges et des crustacés colonisent les barils. Cela n'est probablement pas lié à la radioactivité ; dans une zone caractérisée par des sédiments meubles, les barils offrent un substrat dur rare pour la faune marine. L'objectif actuel des recherches est de déterminer si des matières radioactives ont migré des barils vers ces organismes et, le cas échéant, en quelles quantités.

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